Histoire des centres de retraite

La retraite de trois ans dans la forme que nous connaissons aujourd’hui remonte à Jamgön Kongtrül Lodrö Thayé. Elle se fonde sur la tradition yogique de retraite des lignées Nyingma et Kagyü.
Il y avait quatre centres de retraite au monastère de Palpung (Dergé, Kham, Tibet oriental), siège des Situpas :
un centre pour les moines qui font de courtes retraites (de six mois à un an)

  • Lhadü, qui est aussi la résidence de Khyentsé Rinpoché
  • Drubling, aussi nommé Naro Drubkhang, qui était dédié aux pratiques Karma Kagyü comme les Six Yogas de Nâropa
  • Nigu Drubkhang, où les enseignements Shangpas, dont les Six Yogas de Niguma, étaient pratiqués

Ce dernier était situé à Tsadra Rinchen Drak, « La Colline Joyau qui ressemble à Tsari » ; le site sacré au-dessus du monastère de Palpung. Ce site devint aussi la résidence principale de Jamgön Kongtrül Lodrö Thayé, où il écrivit une grande partie des Cinq Grands Trésors. Il devint également le nouveau siège de la tradition Shangpa Kagyü. Il est considéré comme l’un des vingt-cinq lieux sacrés du Tibet oriental (Do-Khams), et représente « la partie esprit des qualités éveillées ». Chokgyur Déchen Lingpa révéla la dimension sacrée de la colline en 1859 et, avec Tertön Sogyal, ils trouvèrent ensuite des termas sur ses flancs.
Situ Panchen Chökyi Jungné y avait fondé un centre de retraite et une résidence monastique au XVIIIe siècle, mais lorsque Jamgön Kongtrül visita pour la première fois le site en 1842, il était complètement abandonné et en ruines. Il y restaura un petit ermitage et commença une retraite individuelle de trois ans. Plus tard, il construisit un temple dédié au Héruka Yangdak, selon la prophétie et les conseils de Chokling Rinpoché, ainsi qu’un centre de retraite avec l’idée d’y guider des retraites dans l’esprit de la tradition Rimay. La première retraite de trois conçue et guidée par Jamgön Kongtrül débuta en 1860 avec cinq retraitants. Les retraites se succédèrent sans discontinuer jusqu’à Kalu Rinpoché, qui avait pris la fonction de maître de retraite en 1941. Puis Kalu Rinpoché partit pour l’Inde au milieu des années cinquante avant l’invasion chinoise. Le centre fut entièrement détruit pendant la Révolution Culturelle. Il fut reconstruit dans les années quatre-vingt, selon les indications de Kalu Rinpoché et du IIIe Jamgön Kongtrül. En 1988 le cycle des retraites de trois ans reprit.

Dans la courte biographie de Jamgön Kongtrül que l’on trouve dans Les Chants de l’Immortalité, Ngawang Zangpo raconte :
« Dans un pays où les communautés monastiques se comptaient par milliers, quelle était la dimension du centre de retraite construit par Kongtrül et combien de lamas formait-il dans chaque retraite ? La réponse est : quatre. Pas quatre mille, pas quatre cents, pas quarante ni quatorze. Quatre. Huit personnes vivaient dans sa petite communauté : un maître vajra (l’assistant de Kongtrül), cinq retraitants (dont l’un ne méditait pas sur les doctrines Shangpa, mais s’occupait du protecteur du temple), un cuisinier et un bûcheron. Telle était la grande vision de Kongtrül pour la continuation de la Lignée Shangpa : quatre lamas tous les trois ans et demi tout au plus. »

Plus tard, grâce à l’incommensurable activité de Kyabjé Kalu Rinpoché, de nombreux centres de retraite furent fondés en Inde et ailleurs dans le monde permettant la grande vitalité de la tradition aujourd’hui.
 
voir : les centres de retraite de trois ans Shangpa Kagyü dans le monde

Auteur: 
puntso
Date de publication: 
Samedi 10 Mai 2014 - 11:15
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