Kalu Rangjung Künchab (1904-1989)

kalu_rangjung_kunchab.jpgVajradhara Kalu Rinpoche est né en 1905 dans la province du Khams dans l’est du Tibet. Son père, la 13ème renaissance de Ratak Palsang Tülku, était un yogi accompli et un médecin de renom. Sa mère Drölkar se dévoua au Dharma dès son plus jeune âge et récita une centaine de million de fois le mantra de Guru Rinpoché, deux cents millions de fois le « Mani » et cent millions de fois le mantra de Vajrasattva. Ses deux parents furent des disciples directs des initiateurs du mouvement  non-sectaire (Rimay), qui met l’accent sur la base commune à toutes les lignées bouddhistes tibétaines ; Jamgön Kongtrül Lodrö Thayé, Jamyang Khyentsé Wangpo et Mipham Rinpoché. Quand Rinpoché naquit de magnifiques arcs-en-ciel se formèrent dans le ciel et de la neige tomba comme une pluie de fleurs au-dessus de sa maison. Sa mère et des proches racontèrent qu’à peine né il regarda autour de lui et sourit radieusement, n’affichant ni peur ni timidité, et il récita le mantra au Six Syllabes. Ses parents et tout le monde dans la région furent remplis de joie, et sa naissance fut annoncée comme celle d’une magnifique incarnation. Quand il était enfant, de nobles et vertueuses tendances se manifestaient en lui et une propension innée à la compassion et à la dévotion émergeaient naturellement de lui. Sa compassion pour tous les vivants le menait souvent jusqu’aux larmes, en particulier envers ceux affectés et oppressés par la souffrance.

Kalu Rinpoche fut reconnu comme l’émanation de l’activité de Jamgön Kongtrül mais son père refusa de le placer au monastère et, à la place, forma son fils aux études bouddhistes et à la médecine. Puisque son père travaillait de manière enthousiaste à sa propre pratique quotidienne de récitation, de méditation et de retraite, Kalu Rinpoché fut doté d’un bon intellect, dut également se lever tôt et se coucher tard et ses journées furent remplies par la méditation, la pratique et l’entraînement. A treize ans, le onzième Tai-Situ, Padma Wangchuk, lui donna l’ordination et le nom Karma Rangjung Künchab – apparu de lui-même et omni-pénétrant. Plus tard, tout le monde affirma qu’il incarnait véritablement son nom. Lorsque Kalu Rinpoche eut quinze ans il partit au monastère de Palpung où il maîtrisa la vastitude des enseignements bouddhistes et accomplit deux retraites traditionnelles de trois ans. Kalu Rinpoche avait une grande foi et une grande dévotion pour les lamas avec lesquels il établit une connexion recevant d’eux les initiations, qui permettent de mûrir spirituellement, et les enseignements qui permettent d’obtenir la libération. Avant d’effectuer sa première retraite de trois ans il enseigna sur les trois ordinations devant une assemblée rassemblant des centaines de moines, nonnes et laïcs. Parce qu’il parla sans peur, avec confiance et avec une solide compréhension, son enseignement toucha profondément le cœur de tous. Ils apprécièrent la clarté de son intellect, sa bonne élocution et la précision de sa présentation.

A quinze ans, Kalu Rinpoche choisit Tara Blanche et Avalokiteshvara en tant que yidams et entreprit une retraite d’été. A seize ans il accomplit la retraite de trois ans à Tsandra Rinchen Drak, le siège principal de Jamgön Kongtrül dont l’arrivée fut prédite par le Bouddha dans plusieurs sutras et tantras. A ce moment sa confiance dans ses lamas, dans le dharma et son enthousiasme pour la pratique étaient illimités. On peut se faire une idée de l’enthousiasme de Rinpoché pour le dharma en considérant la détermination qu’il eut à éviter la moindre perte de temps pendant sa retraite de trois ans.

Afin de s’assurer qu’il se réveillerait le matin, il avait l’habitude de s’endormir appuyé contre la porte de sa chambre. Ainsi quand les moines donnaient un grand coup dans les portes pour réveiller les retraitants chaque matin, Rinpoché volait à travers la pièce. S’il se sentait fatigué pendant la journée, il s’asseyait sur le rebord de sa fenêtre. Dans cette position il risquait de tomber au sol au moindre assoupissement.

Concernant sa confiance, Rinpoché ressentait une telle dévotion pour son maître, Lama Norbu Töndrub, que pendant sa vie, il lui offrit en trois occasions tout ce qu’il possédait.

Kalu Rinpoché devint un détenteur des lignées Shangpa et Karma Kagyü et étudia avec plusieurs maîtres érudits et accomplis de toutes les lignées du Bouddhisme tibétain : le 16ème Karmapa, le 11ème Tai Situ Rinpoché, Padma Wangchuk, Palpung Khyentse Shenpen Özer, le 5ème Dzogchen Rinpoché (l’abbé du principal monastère Nyingma dans l’est du Tibet), Khyentse Chökyi Lodrö, Düdjom Rinpoché, Sa Sainteté le Dalaï Lama, les deux tuteurs du Dalai Lama (Ling Rinpoché et Trijang Rinpoché), Dilgo Khyentse Rinpoché (l’émanation de l’esprit de Khyentse Wangpo), Kangyur Rinpoché, Chatral Rinpoché Songjay Dorjé, Sakya Trichen (hiérarque de l’une des deux principales familles de l’école Sakya), Deshung Rinpoché (érudit de l’Ecole Sakya), et d’autres encore. Avec ces lamas extraordinaires, Rinpoché s’appliqua constamment et diligemment à l’étude, la contemplation, la méditation et la pratique d’innombrables collections d’instructions venant à la fois des sutras et des tantras de l’Ancienne et de la Nouvelle Tradition. Par ses efforts, il devint pour eux tous un fils spirituel.

A 25 ans il renonça à toute activité mondaine et commença une retraite solitaire intensive d’environ 15 ans dans des zones montagneuses isolées où le grand yogi tibétain Milarépa pratiqua. Sur la requête du Karmapa il en revint pour être maître de retraite, formant nombre d’étudiants.

En 1962 Kalu Rinpoché partit pour Darjeeling dans le Bengale occidental en Inde où il établit son propre monastère et centre de retraite, le monastère Samdrup Darjay Chöling où des étudiants de toute tradition pouvaient accomplir des retraites de pratique suivant la Tradition Rimay.

En 1971, à la requête de Sa Sainteté le 16ème Karmapa, Kalu Rinpoché fit le premier de ses nombreux voyages en occident, s’arrêtant pour visiter des sites sacrés à Jérusalem puis visitant le Pape Paul VI au Vatican. Kalu Rinpoché respectait toutes les religions et les traditions spirituelles du monde. Au cours de sa vie il fit de nombreux voyages à travers le monde, établissant de nombreux centres de méditation et de retraite. Grâce son amour et sa compassion illimités il tourna la roue du précieux dharma du Bouddha à travers le monde, faisant le bien d’innombrables vivants.

Le Vénérable Dorjé Chang Kalu Rinpoché passa en parinirvana le 10 mai 1989dans son monastère à Sonada, Darjeeling en Inde. Le corps du saint Lama ne montrait aucun signe de corruption et fut (Kardung) ; on peut le voir encore aujourd’hui dans son monastère Samdrup Darjay Choling à Sonada.

 

Son dévoué disciple et fils de cœur, Bokar Rinpoché écrivit de Kalu Rinpoché : « la douceur de son être, sa bonté omni-pénétrante, la brillance de sa sagesse et son irrésistible sens de l’humour ont touché des cœurs partout dans le monde ».

Depuis ses humbles débuts dans un endroit isolé de l’est du Tibet jusqu’à sa qualité de citoyen du monde, le Vénérable Kalu Rinpoché chercha uniquement à faire le bien d’autrui. Grâce à son activité éveillée, d’innombrables êtres ont été fermement établis dans la voie de la libération.

 

sources: compilé par lama Chödrup se fondant sur :
• Kalu Rinpoche (eds.): The Dharma That Illuminates All Beings Like the Light of the Sun and the Moon, State University of New York Press, 1986;
 
• McLeod, Kenneth (tr.): The Chariot for Travelling the Path to Freedom, The Life Story of Kalu Rinpoche, San Francisco 1985; 
• informatins orales de Denys Rinpoché

Auteur: 
puntso
Date de publication: 
Vendredi 25 Avril 2014 - 17:00
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